APL-banniere

1er JOUR
Ce mercredi 19 juin 2013, je me présente avec son Altesse sérénissime Joseph – notre Président à vie – à 6h30 précises devant le local du ROC à Saint-Martin-de-Crau, bagages et vélo compris.
Notre ami Michel Lombard, ne tarde pas à arriver avec son Combi WW pour atteler la remorque du Club capable de transporter 7 vélos quand l’heure du retour aura sonné, soit dans quatre jours, après avoir atteint le CORMET-de-ROSELEND et après une chevauchée de 455,5 Km qui aura commencé à Fos-sur-Mer… les pieds dans l’eau, ce jour-même, dans une petite heure !
Cette épreuve nous allons la partager en intégralité entre 7 cyclos brevetables qui sont : Christian BROUSSARD, Joe CIPPICIANI, Bernard DUFOUR, Bernard GARIDEL, Michel GUIRAUDOU, Joseph LYVINEC, Claude SANCHEZ … (plus un, Michel SEGUY, qui nous rejoindra le 3ème jour, pour le fun et l’amour du vélo) et un autre, point pivot majeur de ce raid, grandissime organisateur de première catégorie, Michel Lombard, le pilote hors pair de son Combi WW, qui officiait déjà dans ce rôle lors de la mémorable journée de l’ascension du col de GAVIA en Italie en 2011.
Nous mettons le cap sur Fos-sur-Mer, et c’est à 7h00 précises que la photo du départ est prise sous une bourrasque de vent et de pluie.
Nos premiers tours de roue sont déterminés et anxiogènes à la fois, tant le trafic est intense à ces heures de rentrées d’usines ; nous avons vu sur quelques km, les comportements les plus stupides et dangereux, je pense notamment à cette fourgonnette qui a zigzagué, face à nous, pour franchir un passage à niveau en train de s’abaisser ! … c’était à La Baillane à la sortie d’Istres. Bref, aujourd’hui, le sujet est ailleurs, mais nous n’oublierons rien et notre vigilance sera toujours en éveil.
Nous scrutions le temps depuis quelques jours avant le départ ; les prévisions étaient d’une constance implacable… la pluie nous était promise… et ainsi, pernicieusement, c’était devenu pour nous une vérité acquise.
Pourtant,… après seulement une trentaine de km, entre Miramas et Eyguières, là où le trafic de camions est à son paroxysme, où l’entrée de l’autoroute est prête comme tous les matins à avaler ces milliers de véhicules pour les distribuer sur toutes les routes de France et de Navarre, un éclair de lucidité traverse l’esprit du groupe, et réalisons qu’un voile de brume s’effiloche devant nous et laisse transparaître un ciel dégagé, lumineux,… promesse d’une belle journée ; la surprise est totale, nous attendons de trouver une aire protégée pour nous arrêter, ôter nos K-ways et autres accessoires de pluie… ce sont véritablement de nouvelles perspectives qui s’offrent à nous pour cette longue journée de 160 km qui doit nous amener à Dieulefit dans la Drôme.
Après cet arrêt « technique » nous nous réintégrons prudemment dans le trafic et attendons un contexte environnemental plus favorable pour faire un nouveau point.
C’est ainsi que nous nous arrêtons de nouveau quelques minutes plus tard, à la sortie d’Eyguières, à l’abri du tumulte pour fêter chacun à sa manière ce changement d’humeur du temps !
Exemple : Ici, Bernard a l’air d’être
le bienheureux du groupe…
Le nouveau schéma est simple … laissons filer jusqu’à Carpentras, où nous déjeunerons vers 12h30, tout en ayant marqué quelques arrêts superflus, histoire maintenant de remercier le vent de nous pousser ! Que n’allons-nous pas imaginer d’ailleurs pour ne pas arriver trop tôt à Dieulefit !… j’exagère à peine !
A Carpentras, nous choisissons une terrasse de bar bien connue des « fléchards » – ces hommes dont je fus souvent – qui pendant la nuit de Pâques, ne trouvaient rien de mieux que de pédaler dans la campagne ou la montagne, pour la bonne cause cyclotouristique, entre minuit et quatre heures du matin à la recherche d’une boîte aux lettres pour s’affranchir des contrôles, d’une boisson magique qui coupera le sommeil, d’un modeste banc pour s’assoir, ou … et c’était le Graal à Carpentras, cette terrasse restée offerte, équipée des tables et fauteuils toute la nuit ! …
La collation fût classique : sandwich, boisson, café…mise à niveau des bidons !
Après passage d’un portique symbolique, et quelques ajustements mécaniques, nous reprenons la route direction Malaucène et Vaison-la-Romaine.
Puis, Nyons… quelques côtes, par-ci par-là, et enfin Dieulefit.
Nous recherchons notre hôtel… mais Michel, magnanime, nous avait devancé et préparé notre arrivée.
Nous avons droit à un accueil strict et familial de la patronne, repas idem, chambre sobre, WC sur le palier, micro salle de bains dans la chambre pour les mieux lotis… une bière très chère…
Pourtant, ne vous méprenez surtout pas, l’ensemble est homogène et finalement sied bien à notre groupe qui dans ce cadre précis vise à l’essentiel vital… ce qui est parfaitement le cas ! Bilan de la journée : 159 km… 1333 m de dénivelé ; premier contrat rempli.
Bonne nuit.
2ème JOUR
Jeudi 20 juin
La journée commence tôt. Le petit déjeuner est servi à 7h00.
Nous allons récupérer les vélos que nous avions entreposés hier soir, dans une cave derrière l’hôtel. Que nenni, nous explique la propriétaire, c’est une rue du village qui a été cloîtrée pour se protéger des brigands il y a quatre ou cinq cents ans !… nous avons appris encore quelque chose !
Après la photo de groupe, nous prenons la direction de Bourdeaux et filons vers Crest. Le circuit prend bien soin de rester à distance des monts du Vercors à main droite et du trafic de la Vallée du Rhône à main gauche… et tant pis si nous devons ouvrir les cartes pour trouver notre route.
Michel ??… même pas faim ! Sobre comme un chameau, souriant comme une donzelle :… impec !… moins dur sûrement d’appuyer sur le champignon que sur les pédales… veinard !
Nous arrivons maintenant à l’Auberge de Malatras près de Tullins. Nous avons eu chaud, mais l’étape était roulante ; le petit col de Lunel… où ça ? Bref, c’était du gâteau.
Nous pensions en avoir fini avec cette journée un peu fade, sans relief, mais c’était sans compter sur cette étonnante soirée… une soirée gastronomique, et en plus avec la manière ! Étonnant, bluffant !
Nous sommes accueillis avec prévenance par une hôtesse tout en classe et manière ! Après notre installation, venu de je ne sais où, un maître d’hôtel, tout frais sorti semble-t-il d’une école hôtelière se présente, nous explique en quelques mots le déroulement de la soirée, nous propose un apéritif, nous demande de choisir dans le détail notre menu du soir ; nous comprenons tout de suite le style de la maison et sommes convaincus que nous aurons toute la soirée quelqu’un derrière nos basques ! Ce n’est pas trop pesant, mais quel contraste avec la veille !
Le repas est excellent, le vin gouleyant à merveille, le dessert sublime… Nous sommes devenus des cyclos brevetés cinq étoiles ! Que diable… ce n’est pas interdit de se faire du bien de temps en temps !
Merci à toute l’équipe de l’auberge de Malatras, c’est une première dans notre activité !
Bonne nuit… demain sera un autre jour !
3ème JOUR
Vendredi 21 juin
Aujourd’hui : 117 km et 1785 m de dénivelé.
La première crevaison est pour Bernard, avant même de démarrer ! Après quelques vingt bonnes minutes de tergiversations diverses et variées nous nous mettons en route ! Les difficultés de la journée sont concentrées dans le premier tiers du circuit.
10h17 .…….. Arrêts divers ………. 11h50
Le repas de midi est pris à St Jean de Couz.
Il reste une cinquantaine de km, il fait très chaud, nous allons bientôt retrouver notre collègue Michel SEGUY qui doit venir à notre rencontre.
Nous lui avons passé la consigne de ne pas s’engager dans Chambéry ; nous le retrouverons vers 14h50 du côté de Myans.
12h04 km 336
La fin de cette étape est placée sous le signe du vent et de la chaleur. Nous roulons bon train. Le paysage est sans intérêt.
Nous arrivons bientôt à Gilly-sur-Isère.
L’hôtel est un IBIS, sans surprise, nous passerons une bonne nuit de récupération…avant de terminer demain notre séjour en apothéose sous le panneau du « CORMET-DE-ROSELEND ».
…………….. A demain
4ème JOUR
Samedi 22 juin
Ce matin, nous quittons nos chambres dès 6h15 et chargeons le Combi WW de Michel… A l’heure où le self du petit déjeuner ouvre, nous sommes parmi les premiers, et nous nous soignons sur le plan énergétique… l’étape se règlera dans la matinée.
Nous ne perdons pas de temps, le circuit est simple…. La route monte dès la sortie d’Albertville – alt. 345 m – et jusqu’à Beaufort – alt. 743 m – soit pendant 20 km, puis monte sur 11,5 km pour atteindre le col de Méraillet – alt. 1605 m – (Barrage de Roselend), puis monte encore sur 8 km pour toucher à notre but ultime le CORMET-DE-ROSELEND – alt. 1968 m –
Illustration :
Une équipe déterminée
Un coup d’oeil sur les cimes
1ère étape : Beaufort
Regroupement et ravitaillement
Vers Beaufort… à l’effort. Tiens ça rime !
Nous sommes de retour à Beaufort ; l’après Mer-Montagne commence… Je redécouvre Michel (1er plan à droite), où était-il passé ?… très loin devant avec son compère Bernard ! Je garderai un très bon souvenir de notre équipe et encore un grand merci à Michel LOMBARD, sans qui, ce séjour aurait été plus compliqué et beaucoup moins convivial !
Claude Sanchez